La Couronne du Tooro change de mains malgré un différend successoral

Un ancien présentateur de journal télévisé a été couronné roi du Tooro mardi, devenant le 13e monarque du peuple Batooro lors d'une cérémonie qui a fait suite à un différend successoral houleux. Le différend n'est toutefois pas entièrement réglé : la contestation de la famille du défunt roi n'a pas été tranchée, et le gouvernement n'a pas encore reconnu formellement le nouveau roi.
Le royaume a procédé à l'intronisation le 29 septembre, en présence notamment du président Yoweri Museveni, et le Conseil suprême du Tooro a ensuite entériné la décision.
Contexte du différend
Le roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV est décédé le mois dernier des suites d'un cancer, à l'âge de 34 ans, ce qui a déclenché une querelle au sein de la famille royale. Le 9 septembre, le comité de succession du clan royal a annoncé que le prince Edward Rukidi Kijanangoma, rédacteur en chef à la radiotélévision publique UBC, avait été choisi pour lui succéder. Le comité, composé de 21 membres issus du clan royal Babiito, a désigné Kijanangoma, 56 ans, cousin du défunt roi.
Les prétentions concurrentes
Le lendemain, la mère du défunt roi, la reine mère Best Kemigisa, a déclaré que cette décision ne tenait pas compte du testament de son fils, qui, selon elle, fixait l'ordre de succession. La famille du défunt affirme qu'il a laissé un jeune fils. Le Premier ministre du royaume avait d'ailleurs mentionné un enfant dans le communiqué officiel annonçant le décès du roi.
Cependant, l'enfant n'a jamais été publiquement identifié et n'a pas été reconnu par le comité de succession. Le ministre de l'Information du royaume a indiqué que l'enfant n'a été présenté nulle part, ce qui laisse penser qu'on admet de plus en plus qu'Oyo n'a pas laissé de fils. Les responsables du royaume affirment que la désignation a respecté les procédures traditionnelles.
La position du gouvernement
Le gouvernement a soutenu le choix du clan, et le procureur général Sam Mayanja a déclaré que le couronnement pouvait avoir lieu, aucune plainte formelle n'ayant été déposée contre Kijanangoma. Une source proche du dossier a affirmé que le gouvernement central avait imposé la décision malgré les objections de la mère du défunt roi. Avant le couronnement, M. Mayanja avait toutefois indiqué que le gouvernement ne publierait pas au Journal officiel la nomination de Kijanangoma comme roi du Tooro tant que le différend ne serait pas résolu.
Le couronnement
Kijanangoma a pris le nom royal d'Edward Rukidi Nyabongo Ier lors d'une cérémonie traditionnelle à Fort Portal, marquée notamment par l'abattage rituel d'un taureau et l'aspersion de sang de poule. La cérémonie s'est déroulée malgré les objections formelles de la reine Best Kemigisa et de la princesse Ruth Komuntale, sœur du défunt roi. Le nouveau roi s'est engagé à rendre le palais plus accessible et à se concentrer sur l'unité et le développement.
Et maintenant
La reconnaissance formelle du nouveau roi par le gouvernement, par sa publication au Journal officiel, demeure une question ouverte. La famille du défunt roi n'a pas retiré ses objections, et l'héritier présumé n'a jamais été publiquement identifié. Les médias ont également fait état d'un recours devant la Haute Cour visant à empêcher le couronnement, dont l'issue n'a pas été rapportée. Les royaumes traditionnels d'Ouganda ne disposent d'aucun pouvoir politique formel, mais conservent une influence culturelle considérable.




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