Le vice-président de la Tanzanie démissionne après moins d'un an de mandat
- Dorcas Inema
- il y a 21 heures
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En l'espace d'une semaine, le vice-président tanzanien Emmanuel Nchimbi a démissionné de ses fonctions, devenant ainsi le premier vice-président à quitter volontairement son poste depuis l'indépendance du pays en 1964, avant d'être exclu du parti au pouvoir qu'il avait servi pendant des décennies.
Une démission sans motif officiel
Emmanuel John Nchimbi, 54 ans, a informé la présidente Samia Suluhu Hassan de sa décision de démissionner dans une lettre rendue publique le 25 août 2026, d'abord confirmée via son compte Instagram officiel, puis validée par des sources présidentielles et vice-présidentielles. Il a invoqué les articles 50(2)(c) et 149(2) de la Constitution de la République-Unie de Tanzanie comme fondement juridique de son départ, effectif au 4 septembre 2026.
Aucun motif officiel n'a été communiqué. Un porte-parole du gouvernement s'est contenté de déclarer que « les procédures constitutionnelles visant à nommer un nouveau vice-président de la République-Unie de Tanzanie seront engagées ». Nchimbi a, pour sa part, rappelé un engagement pris auprès de la présidente Hassan en août 2025, au moment de sa prise de fonction, promettant de « la soutenir, ainsi que le pays, avec un dévouement total » et de quitter le poste « si elle venait à souhaiter un autre adjoint ».
Nchimbi avait exercé la fonction de vice-président pendant moins d'un an, ayant pris ses fonctions le 3 novembre 2025. Il avait auparavant occupé le poste de secrétaire général du CCM (Chama cha Mapinduzi), ainsi que plusieurs postes ministériels et diplomatiques, notamment celui de ministre de l'Intérieur et d'ambassadeur en Égypte et au Brésil.
La réaction du parti au pouvoir
Deux jours après la démission, les dirigeants du CCM se sont réunis et ont décidé d'exclure Nchimbi du parti. La secrétaire générale Asha-Rose Migiro a déclaré aux journalistes, le 27 août, que le parti avait agi pour cause d'« indiscipline », sans préciser davantage la nature des faits reprochés.
Lors de la même réunion, le ministre de l'Énergie, Deogratius Ndejembi, a été désigné pour devenir le nouveau vice-président aux côtés de la présidente Hassan.
L'agence Associated Press a qualifié cette exclusion d'« acte de représailles qui mettra davantage à l'épreuve la réputation de ce pays d'Afrique de l'Est en tant que territoire de paix et de stabilité relatives »une appréciation issue du reportage de l'AP, et non une déclaration officielle du CCM, qui n'a pas fourni sa propre explication au-delà du terme « indiscipline ».
Contexte : l'élection de 2025
Cet épisode survient dans le sillage de la réélection de la présidente Hassan en octobre 2025, remportée avec près de 98 % des voix, dans un scrutin marqué par la disqualification de principaux candidats de l'opposition et suivi de violences. Une commission d'enquête mise en place par le gouvernement a établi qu'au moins 518 personnes avaient été tuées lors des troubles qui ont suivi, nécessitant le déploiement des forces de sécurité pour rétablir l'ordre.
Les transitions exécutives passées en Tanzanie se sont généralement déroulées sans heurts : la présidente Hassan elle-même avait accédé à la présidence en mars 2021 depuis la vice-présidence, à la suite du décès soudain du président John Magufuli.
Où en sont les choses
La démission de Nchimbi prend effet le 4 septembre 2026, et la nomination de Ndejembi suit son cours dans le cadre de la procédure constitutionnelle de remplacement. Son exclusion du CCM demeure une affaire interne distincte de la succession constitutionnelle proprement dite, et le parti n'a pas détaillé publiquement les motifs précis de cette décision au-delà du terme « indiscipline ».




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