La Faim Devrait s'Aggraver Dans 13 Foyers de Crise à Travers le Monde, Préviennent les Agences de l'ONU
- Dorcas Inema
- 25 juin
- 3 min de lecture

Des Perspectives qui s'Aggravent
En juin, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont averti que l'insécurité alimentaire aiguë devrait s'aggraver pour des millions de personnes dans 13 pays et territoires entre juin et novembre. Le rapport, qui s'inscrit dans la série semestrielle des Hotspots de la Faim produite par le Réseau mondial contre les crises alimentaires, identifie le Soudan, le Soudan du Sud, le Yémen et la Palestine comme les foyers de faim les plus critiques au monde en termes de gravité et d'ampleur.
Le nord-est du Nigeria et la Somalie ont tous deux rejoint cette catégorie de préoccupation maximale, venant s'ajouter aux quatre pays précédents. Le conflit reste le principal moteur de la faim, touchant 12 des 13 foyers de crise identifiés.
Soudan et Soudan du Sud : Les Cas les Plus Graves
Le Soudan continue de faire face à l'une des crises alimentaires les plus aiguës au monde. Un risque de famine a été identifié dans 14 zones du Darfour-Nord, du Darfour-Sud et du Kordofan-Sud jusqu'en septembre, des conditions qui devraient persister dans la plupart de ces zones jusqu'à la période de récolte de l'année suivante. En mai, on estimait que 19,5 millions de personnes soit 41 % de la population faisaient face à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë, dont 5 millions en situation d'urgence. Le nombre de personnes confrontées à une faim catastrophique devrait passer de 135 000 à 200 000 entre juin et septembre.
Au Soudan du Sud, plus de la moitié de la population environ 7,8 millions de personnes devrait faire face à une insécurité alimentaire aiguë entre avril et juillet. Environ 73 000 personnes devraient connaître des niveaux catastrophiques de faim, et quatre comtés restent à risque de famine.
Le Nigeria et la Somalie Rejoignent le Niveau de Préoccupation Maximale
Dans le nord-est du Nigeria, la situation est la plus grave dans l'État de Borno, où environ 15 000 personnes devraient faire face à des conditions catastrophiques entre juin et août. Environ 2,3 millions de personnes restent déplacées à l'intérieur du pays dans le nord-est.
En Somalie, environ 6 millions de personnes devaient faire face à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë entre avril et juin, dont près de 1,9 million en situation d'urgence. Un risque de famine a également été identifié dans le district de Burhakaba, reflétant des années de sécheresse, une production agricole historiquement basse, un conflit et les répercussions du conflit au Moyen-Orient.
Palestine : Une Amélioration Fragile
Dans la bande de Gaza, la situation s'est améliorée depuis le cessez-le-feu conclu en octobre de l'année dernière, bien qu'elle reste fragile. L'ensemble du territoire a fait face à un risque de famine jusqu'à mi-avril, avec 1,6 million de personnes soit 77 % de la population analysée en situation d'insécurité alimentaire aiguë et nécessitant une assistance urgente, dont plus d'un demi-million en situation d'urgence. Aucune projection couvrant la période de juin à novembre n'était disponible au moment de la rédaction du rapport.
Autres Contextes de Préoccupation
L'Afghanistan, la République démocratique du Congo et Haïti sont classés comme des contextes de très haute préoccupation. En RDC, l'insécurité alimentaire aiguë reste sévère, alimentée par le conflit dans les provinces de l'est et des déplacements à grande échelle ; la résurgence de l'épidémie d'Ebola est décrite comme ajoutant un nouveau facteur de risque en perturbant les marchés, la mobilité et les opérations humanitaires. Le Myanmar, le Mali, le Liban et Madagascar figurent également parmi les foyers de crise, où conflits, chocs économiques et pressions liées au climat continuent de fragiliser la sécurité alimentaire.
Un Déficit de Financement
Les agences notent que le financement humanitaire destiné à l'alimentation, à l'agriculture d'urgence et à l'assistance nutritionnelle a fortement chuté, baissant d'environ 59 % depuis 2022, avec un recul supplémentaire de 5,8 % prévu cette année. En juin, seul environ un tiers des besoins de financement prioritaires pour la sécurité alimentaire mondiale avait été couvert. La FAO et le PAM affirment qu'agir tôt est nettement plus rentable que de réagir après l'aggravation des crises, et appellent à une action urgente et coordonnée pour renforcer l'assistance, garantir un accès humanitaire sécurisé, investir dans les moyens de subsistance et renforcer la résilience. Sans un engagement politique plus fort et un financement plus prévisible, préviennent les agences, les crises alimentaires risquent de s'aggraver dans les régions les plus vulnérables du monde au cours des prochains mois.




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