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Le Scandale "Farmgate" de Ramaphosa : Une Bataille Juridique et Politique Toujours en Cours

Les Origines du Scandale


L'affaire, également connue sous le nom de "Phala Phala", remonte à 2020, lorsqu'une importante somme en devises étrangères a été volée dans la ferme privée du président sud-africain Cyril Ramaphosa. L'affaire est devenue publique en juin 2022, lorsque l'ancien chef de l'Agence de sécurité de l'État, Arthur Fraser, a accusé Ramaphosa d'avoir tenté de dissimuler ce vol, évoquant un montant d'environ 4 millions de dollars.


Ramaphosa conteste ce chiffre, affirmant que seuls 580 000 dollars ont été volés et que cette somme provenait de la vente légale de buffles sur sa ferme d'élevage. L'affaire a suscité des interrogations persistantes : comment cet argent a-t-il été acquis, a-t-il été déclaré, et pourquoi était-il dissimulé dans du mobilier plutôt que déposé dans une banque ?


Le Blocage de 2022 et son Renversement par la Justice


En 2022, Ramaphosa avait évité une procédure de destitution après que son parti, l'ANC, avait utilisé sa majorité parlementaire pour rejeter la recommandation d'un panel indépendant appelant à une enquête formelle. Cette situation est restée inchangée pendant quatre ans, jusqu'à l'intervention de la Cour constitutionnelle.


La présidente de la Cour, Mandisa Maya, a jugé que le vote de l'Assemblée nationale du 13 décembre 2022, visant à bloquer l'enquête, était "incompatible avec la Constitution".


La Réponse de Ramaphosa : Respect de la Décision, mais Contestation Juridique


Après cette décision, Ramaphosa a déclaré respecter le jugement de la Cour, tout en annonçant, lors d'une allocution à la nation, qu'il ne démissionnerait pas et qu'il contesterait juridiquement le rapport du panel indépendant ayant établi des éléments préliminaires de faute. Il a déposé une demande légale contre ce rapport, une démarche susceptible de retarder l'enquête, et a menacé de solliciter une ordonnance judiciaire d'urgence pour suspendre la procédure si le Parlement venait à poursuivre ses travaux pendant que sa contestation reste en cours d'examen.


Où en est l'Affaire Aujourd'hui


Ramaphosa a déposé une demande devant les tribunaux visant à empêcher le lancement de la procédure de destitution parlementaire. Parallèlement, la commission parlementaire chargée d'examiner les éléments du dossier a tenu sa première réunion, ce que le chef du groupe parlementaire de l'Alliance démocratique (DA) a présenté comme un signe que le Parlement "avance".


Pourquoi une Destitution Effective Reste Peu Probable


Même si la commission recommandait l'ouverture d'une procédure formelle, la destitution de Ramaphosa nécessiterait une majorité des deux tiers à l'Assemblée nationale. Or, l'ANC conserve plus d'un tiers des sièges environ 40 % ce qui lui donne un soutien suffisant pour bloquer tout vote de destitution. L'affaire s'oriente donc davantage vers un long bras de fer juridique et politique que vers une issue probable de départ effectif du pouvoir.

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