Procès Lindsay Clancy : la justice du Massachusetts déclare l'annulation du procès après un jury dans l'impasse

Suite de notre article du 14 août 2026 sur l'ouverture du procès
Après plusieurs semaines d'audiences et sept jours de délibérations, le procès de Lindsay Clancy s'est achevé vendredi 4 septembre par une annulation du procès (mistrial), le jury n'étant pas parvenu à rendre un verdict unanime.
Un jury bloqué à onze contre un
Le juge William Sullivan, en charge de l'affaire devant la Cour supérieure du comté de Plymouth, a prononcé cette décision après que les jurés ont indiqué, pour la troisième fois, être dans l'incapacité de trancher. Selon des éléments rapportés par la défense, la répartition du jury aurait été de onze voix contre une, un seul juré refusant de se rallier à la majorité sur l'interprétation du doute raisonnable.
Une ultime manœuvre de la défense
Peu avant l'annonce du mistrial, Me Kevin Reddington, avocat de Lindsay Clancy, a tenté un recours d'urgence auprès de la plus haute juridiction de l'État, demandant à une juge unique de la Cour judiciaire suprême du Massachusetts d'intervenir pour empêcher l'annulation et forcer la poursuite des délibérations. La juge Dalila Argaez Wendlandt a entendu les arguments par visioconférence vendredi après-midi, avant de rejeter la requête.
Le juge Sullivan a alors formellement déclaré le mistrial.
Des réactions vives dans la salle d'audience
La scène a été décrite comme particulièrement chargée en émotion : plusieurs jurées, visiblement affectées par l'issue, ont eu du mal à contenir leurs larmes au moment de l'annonce.
À sa sortie du tribunal, Me Reddington a salué le courage de sa cliente tout au long des sept semaines d'audience, rappelant qu'elle assistait aux débats en fauteuil roulant, paralysée depuis sa tentative de suicide au moment des faits. Il a par ailleurs vivement critiqué le bureau du procureur, estimant que la répartition du jury à onze contre un devrait inciter l'accusation à renoncer à un nouveau procès.
Le procureur reste prudent
Le procureur du comté de Plymouth, Timothy Cruz, a refusé d'indiquer si son bureau engagerait une nouvelle procédure contre Lindsay Clancy, précisant qu'aucune décision ne serait annoncée dans l'immédiat. Il a indiqué vouloir se concerter avec son équipe avant de se prononcer, rappelant que l'affaire restait avant tout centrée sur la recherche de justice pour les trois enfants, Cora, Dawson et Callan. Une audience a été fixée au 29 septembre pour discuter des suites de la procédure.
Et maintenant ?
En attendant une éventuelle décision sur un second procès, Lindsay Clancy demeure hospitalisée dans l'établissement psychiatrique où elle est suivie depuis son arrestation il y a plus de trois ans. Plusieurs commentateurs judiciaires estiment qu'un accord entre les parties plutôt qu'un nouveau procès complet pourrait désormais être envisagé, compte tenu du fort déséquilibre du jury en faveur de l'acquittement.
L'affaire, qui a suscité un débat national sur la reconnaissance judiciaire de la psychose post-partum, continue ainsi de poser une question de fond : comment le système pénal américain doit-il traiter les troubles psychiatriques périnataux graves lorsqu'ils sont invoqués comme facteur d'irresponsabilité pénale ?
Affaire à suivre prochaine échéance : audience du 29 septembre 2026.




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